dimanche 5 septembre 2010
Réintégration depuis 519 jours
Bienvenue dans la plus grande affaire d’espionnage depuis la fin de la Guerre froide
jeudi 30 avril 2009
Dans la journée de mercredi 29 avril 2009, deux employés de la représentation permanente de la Russie auprès de l’Alliance de l’Atlantique Nord (OTAN) à Bruxelles, ont été expulsés. L’un d’eux serait le fils de Vladimir Chizhov, l’ambassadeur de la Russie auprès de l’Union Européenne.
Les suites d’une affaire d’espionnage ?
Le 21 septembre 2008, Hermann Simm avait été arrêté en Estonie. Ce très haut responsable estonien avait travaillé pour les ministères de l’intérieur et de la défense de son pays, notamment, depuis la fin des années 90 dans le cadre de l’intégration de son pays dans l’OTAN. Il fut accusé de haute trahison et, reconnu coupable, il fut condamné en février 2009 à 12 ans et demi de prison.
Durant des années, il aurait fait passer des milliers de documents classés contenant des informations secrètes concernant l’Otan et l’Estonie, ainsi que des procédures de sécurité de l’Union Européenne, à des espions Russes, l’un d’eux se faisant passer pour un Portugais. Selon un article du Spiegel (qui ne semble plus en ligne) cité par le Monde dans son édition du 4 janvier 2009, il aurait aussi été un agent double au service de l’Allemagne.
Les expulsions du 29 avril sont présentées comme étant une suite aux révélations faites par H. Simm, car bien qu’il n’y aurait pas de lien direct entre le haut responsable estonien et les expulsés, la trahison de Simm aurait causé de tels dommages dans l’Alliance, que celle-ci se devrait d’envoyer une réponse dure.
Provocations ?
Le ministère russe des Affaires étrangères parle aujourd’hui (30 avr. 2009) de « provocation flagrante », de « prétexte fallacieux » et dénonce une « action révoltante absolument contraire aux déclarations des dirigeants de l’OTAN sur leur intention de normaliser les rapports avec la Russie... » Son communiqué poursuit en affirmant qu’« "il est évident que cette provocation est organisée par les forces hostiles au renforcement de la tendance à la normalisation. Elles recherchent désespérément des prétextes pour entraver le développement du dialogue russo-otanien et russo-européen mutuellement avantageux et toutes les méthodes leur sont bonnes. »
Un contexte délicat
Cette affaire intervient dans un contexte tendu par de nombreuses questions concernant les relations OTAN-Russie :
l’extension toujours en cours de l’OTAN aux frontières immédiates de la Russie ;
le projet de défense anti-missiles qui serait installée en Pologne et en République Tchèque et qui engendrerait un nouveau déséquilibre de la dissuasion et donc un fort risque d’une nouvelle course aux armements ;
la guerre en Géorgie en août dernier ;
et ces jours-ci l’exercice de l’OTAN en Géorgie, planifié au printemps 2008, mais qui n’a pas été ajourné malgré l’agression géorgienne d’août 2008 (dont nous vous parlions la semaine passée).
Voyez l’analyse dans L’OTAN dans les faits
Sources :
Novosti
Financial Times
Lire l’article du Monde sur SpyWorld